L’île rouge, entre paradis et enfer
L’île de Madagascar, véritable paradis terrestre, se situe au milieu de l’Océan Indien. Elle est aussi appelée « l’île rouge » pour la couleur de sa terre, la latérite. Un décor de rêve avec ses plages et son soleil quasi permanent, mais hélas, la grande majorité des malgaches vivent, ou plus exactement survivent. Un des pays les plus beaux, mais aussi un des plus pauvres au monde.
Sensibilisés par cette situation insoutenable pour les privilégiés que nous sommes, une poignée de bénévoles a relevé le défi d’apporter un peu d’humanité à nos frères malgaches, trop souvent oubliés, là-bas, à plus de 10 000 km du Trégor, et dix heures d’avion.

Harisoa SAGE, la présidente fondatrice de l’association, et ses amis, ont décidé de venir en aide à une centaine d’enfants de la commune d’Ambatomanga, dans le district d’Arivonimamo, situé à 40 km de la capitale. Il faut une demie heure pour parcourir 40 km en voiture dans le Trégor. Mais dans cette région de Madagascar, il faut quatre heures en 4×4. Et en période sèche uniquement, soit huit mois de l’année. En période de pluies, la population est isolée. Les réseaux de communication sont inexistants. Les nids de poules sont des nids d’autruches.
Au tableau des urgences, la santé et la nourriture figurent en priorité. Comment vivre et élever dignement une famille nombreuse quand les revenus mensuels sont en moyenne
de 30 € alors que seulement 4% de la population est salariée. On croit rêver, c’est pourtant la terrible réalité. Les enfants sont déscolarisés, dénutris et sans perspective actuelle d’avenir.

Crée le 18 octobre, l’association Solidarité Trégor Madagascar compte déjà une centaine d’adhérents. Au-delà d’assurer les repas quotidiens des jeunes collégiens, notre ambition est de rendre le village plus autonomes en les aidant à créer un potager, à favoriser les échanges locaux…

« On ne voit bien qu’avec le coeur »
Dès le mois de novembre, une première action humanitaire a été entreprise sur le terrain. Un de nos adhérents, Monsieur Pierre Le Monnier, avait projeté, à titre personnel, un séjour de découverte sur l’île rouge. L’association lui a confié 500 € à remettre à l’association Miavotra à Ambatomanga. La pompe est amorcée. Immédiatement, la cantine scolaire a été ouverte. Jusqu’alors les enfants passaient souvent la journée sans manger. Une cantinière locale a accepté bénévolement de faire cuire du riz et des haricots secs accompagnés d’un peu de viande hachée. Les enfants n’en croyaient pas leurs yeux. « Ce n’est pas vrai! On va manger! » Notre adhérent a vécu des moments exceptionnels. Il y a rencontré le Petit Prince.
« On ne voit bien qu’avec le coeur.L’essentiel est invisible pour les yeux ».


Depuis d’autres actions ont été menées par notre association afin de leur assurer un soutien financier.
Notre action est relayée sur place par une association locale « Miavotra », soutenue par la commune et la circonscription scolaire.
À ce jour, notre projet a pris son envol :
- Les enfants ont un repas par jour composé de riz, haricots secs ou manioc et d’un verre de lait.
- La commune a mis à dosposition un local pour la cantine et un terrain pour le potager.
- La circonscription scolaire du district d’Arivonimamo soutient en tant que projet pédagogique la création et entretien du potager sur le temps extra-scolaire.
Notre objectif à moyen terme est de permettre aux élèves d’accéder à des
formations professionnelles leur permettant
d’acquérir les moyens de développer l’économie locale et de sortir de
l’isolement.
